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Une recette en neuf étapes pour le succès d’un gouvernement néo-démocrate

De l’audace, de l’écoute, de l’ouverture et de l’initiative produiront un bon gouvernement progressiste, propose un stratège.

TheTyee.ca
 
Mesdames et messieurs les députés et ministres,

À l’occasion du lancement de la première session législative de votre gouvernement, acceptez nos félicitations pour l’ensemble de votre travail et de votre vision qui ont rendu possible cette opportunité.

Vous êtes face à de nouveaux défis, et je sais que vous êtes bien équipés pour les affronter. Mais je me permets d’ajouter quelques suggestions par-dessus toutes celles que vous allez recevoir, en vue de la création et du succès d’un bon gouvernement progressiste en Colombie-Britannique. Mes conseils s’appuient sur des années de travail avec des politiciens et des gouvernements de tous les niveaux, dans de multiples juridictions. J’espère que vous les trouverez utiles.

1) Montrer de l’audace. Comme vous le savez mieux que quiconque, beaucoup de choses doivent changer en C.-B., à cause d’années de de négligence et de mauvais gouvernement. Mais il y a une autre raison : vous avez besoin de positions audacieuses pour vous faire connaître de la population et pour qu’elle comprenne les valeurs que vous représentez. Nous avons déjà organisé une série de groupes de discussion pour le maire d’une grande ville qui visait sa réélection. Tous les participants des groupes avaient une image positive de cette personne, mais personne ne se souvenait de ce qu’elle avait accompli comme maire. Comme nous aurions pu le prédire à ce moment, le maire a perdu l’élection suivante. Si nous ne voulons pas nous laisser définir par nos adversaires et nos critiques, nous devons adopter une position audacieuse, claire qui communique notre raison d’être, ce que nous faisons et pour qui nous le faisons, même si cela implique de prendre quelques risques. Si, dans quatre ans, nous demandons aux citoyens ordinaires ce que nous avons fait et qu’ils sont capables de nous répondre, cela constituera un bon indicateur d’une prochaine victoire. Si nous rencontrons des regards absents (ou pire, si nous entendons répéter les messages de ceux qui nous critiquent), nous serons en difficulté.

2) Écouter et faire de la recherche. Nous avons besoin de savoir ce que les gens pensent vraiment. Menez des sondages et des groupes de discussion pour entendre ce que pensent les citoyens ordinaires, aussi bien en général que sur des initiatives politiques clés. Des bons sondages de l’opinion politique peuvent vous informer et vous aider à prendre de meilleures décisions, à mieux planifier, à mieux comprendre le paysage de l’opinion publique dans les secteurs où vous travaillez et à vous permettre de mieux communiquer. Les sondages ne sont pas là pour décider de votre programme ou de vos politiques, évidemment, mais ils peuvent contribuer à les orienter. Une bonne gestion politique ne devrait pas être « menée par les données » — comme plusieurs se plaisent à l’affirmer aujourd’hui — mais plutôt « informée par les données ». Écoutez bien et cherchez à comprendre, au moyen des outils qui fonctionnent le mieux. Puis, armés de cette information, assurez-vous que vos décisions sont le résultat de votre jugement, de votre stratégie, de vos engagements politiques et de votre vision globale.

3) Communiquer. C’est souvent moins facile qu’il n’y parait. Bien communiquer demande du temps et de la planification. Une bonne communication devrait découler d’une stratégie globale, avec un cadre écrit et ayant fait l’objet d’un consensus, et devrait annoncer votre stratégie et vos objectifs principaux, de même que vos messages principaux et secondaires. Alors que je travaillais pour un gouvernement, j’ai déjà eu la surprise, en demandant à du personnel de communications dans des ministères clés de partager leur plan de communication pour orienter notre travail, de me faire répondre qu’ils n’en avaient pas. Quelle que soit votre situation au sein du gouvernement, vous avez besoin d’un plan de communications pour vous encadrer et vous orienter.

4) Élargir notre parapluie et sortir de notre zone de confort. Nous devons attirer et inclure davantage que la base traditionnelle du NPD. Des gens d’affaires, des jeunes, des communautés marginalisées, des entrepreneurs, l’ensemble de la classe apolitique ou anti-politique (les gens qui ne s’intéressent pas à la politique, souvent pour de très bonnes raisons) et beaucoup d’autres — voilà autant de groupes sociaux que nous avons besoin de représenter et d’essayer de conquérir. Nous devrions écouter, répondre, rechercher des conseils et mobiliser ces groupes sociaux et leurs membres. Le fait qu’on ne les a pas vus jusqu’à maintenant dans nos bureaux de campagne ne signifie pas qu’on ne sera pas capable de les y inviter aujourd’hui. Cette démarche est une clé qui nous permettrait de construire une coalition électorale qui nous garderait au pouvoir pour plusieurs années à venir. Nous devrions chercher à rejoindre les gens qui n’ont pas choisi le NPD, ou la politique, dans le passé, mais qui ont beaucoup à offrir. Si nous faisons une tournée des bureaux et des salles de réunion du gouvernement, ou de ceux du parti, sans voir des visages nouveaux et différents, nous aurons manqué une opportunité importante. Nous devrions sortir de notre zone de confort.

5) Mais sans oublier votre base. Cela peut sembler une évidence, mais trop souvent j’ai vu le bruit des critiques, des faiseurs d’opinion et des médias gagner une influence démesurée, en particulier ceux qui poussent un programme plus conservateur ou prudent. Les politiciens s’efforcent parfois d’apaiser ces voix au détriment des électeurs qui les ont choisis (et qui pourraient les garder au pouvoir dans l’avenir). Parfois, les attentes de notre noyau d’électeurs sont difficiles à satisfaire, et provoquent des attaques, mais personne n’a dit que cela serait facile. Sans doute, il faudra corriger la trajectoire de temps en temps. Mais nos électeurs pardonneront les erreurs et les changements nécessaires dans la mesure où nous conserverons notre approche centrale sur qui nous voulons servir et nos priorités de travail, pour livrer nos engagements et politiques clés. Les électeurs de notre noyau ne sont pas les seuls qui comptent, mais d’un point de vue électoral, ils sont les plus importants.

6) Trouver des conseillers. Voici un indicateur clé des succès politiques à venir : les politiciens qui ont des liens étroits avec des conseillers politiques d’expérience remportent davantage d’élections que ceux qui n’en ont pas. Quand George W. Bush a postulé la présidence en 2004, il avait une équipe qui l’avait entouré tout au long des 20 années de sa carrière politique. Tandis que le candidat démocrate John Kerry a quasiment dû publier une annonce de recrutement pour trouver un directeur de campagne. Ces simples faits nous permettaient de prévoir facilement le résultat de cette élection. Il est surprenant de constater combien on rencontre souvent ce scénario à tous les niveaux de la politique, ce qui appauvrit les processus décisionnels et provoque l’échec des campagnes électorales. Quelle que soit votre position au sein d’un gouvernement, vous pouvez profiter du temps que vous prendrez à construire des liens avec des conseillers politique d’expérience. Et ce n’est pas qu’un enjeu électoral. Vous avez besoin de piliers pour vous conseiller sur une foule de décisions, pour vous inviter à cesser de vous inquiéter de certaines choses ou peut-être à commencer à vous préoccuper de certaines autres… quelqu’un en qui vous avez confiance, capable de passer une journée sur un enjeu alors que vous ne pouvez y consacrer que 30 minutes. Votre personnel politique est crucial, évidemment, et peut remplir ce rôle. Mais il se peut aussi qu’ils n’aient pas le temps d’effectuer une analyse politique complète de la question. Et même s’ils le font, il y a bien peu de certitudes en politique; c’est pourquoi vous avez besoin de plus de gens avec vous et de plus de discussions et de conseils sur les enjeux principaux de la part de personnes en qui vous avez confiance.

7) Mettre sur pied un « groupe de référence ». Si vous êtes député ou ministre, vous pouvez recruter un comité bénévole d’informateurs clés qui pourront faire le point avec vous régulièrement et informellement, votre « cabinet de cuisine », pour employer une expression familière. Cela vous fournit un baromètre efficace, et vous garde en contact avec vos informateurs locaux et votre équipe de campagne. Ce groupe élargi peut constituer un moyen de solliciter des conseils et du soutien de la part de personnes utiles au plan stratégique, et peut vous garder informé des opinions en dehors de votre cercle proche, de même que de l’image que vous projetez. Votre équipe de campagne passée peut constituer un bon bassin de départ, de même que des personnalités respectées de votre entourage professionnel ou personnel, ou de votre communauté. En général, c’est un service que personne ne vous refusera. Vous en tirerez de précieux conseils et garderez des collaborateurs importants « dans la boucle », prêts à vous aider quand vous en aurez besoin, y compris lors de la prochaine élection.

8) Les titres des journaux importent peu. Ou du moins pas autant que ce nous en percevons. Nous sommes tous à l’affut de la rétroaction instantanée que constituent les couvertures du lendemain (ou des heures qui suivent), et tous, nous détestons les reportages critiques. Mais, pour avoir réalisé de nombreux sondages de suivi au travers de cycles de couverture médiatique, je peux vous affirmer que ces couvertures ont beaucoup moins de poids qu’elles ne semblent. La plupart du temps, elle ne font même pas bouger l’aiguille de l’opinion. Évidemment, personne ne souhaite une couverture négative, et souhaite quand même être présent dans les médias. Il faut garder une peu de recul : une couverture négative qui se prolonge sur des semaines mérite qu’on s’en inquiète, mais on peut s’attendre à un commentaire négatif par ci par là. On laisse glisser et on passe à autre chose de plus important.

9) Les erreurs. Ce sont des choses qui arrivent, et tout le monde doit avoir la permission d’en commettre. Si vous voulez paralyser une organisation (ou un gouvernement ou un ministère) progressiste, réagissez lourdement aux erreurs. Les gens deviennent excessivement prudents et, paradoxalement, peuvent commettre d’autres erreurs, parfois simplement par leurs inactions ou leurs retards. Nous devons accepter les erreurs, apprendre de nos erreurs, comprendre qu’elles font partie du processus, et qu’elles accompagnent normalement nos attitudes face aux défis, à l’ambition, à la créativité et à la prise de risque. La meilleure façon de ne pas commettre d’erreur, c’est de ne prendre aucun risque, et ça non plus, nous ne pouvons pas nous le permettre.

Évidemment, il n’y a pas de formule magique, mais c’étaient là quelques conseils qui, je l’espère, contribueront à nos réussites dans le travail à venir. Je vous souhaite tout le succès que vous méritez dans vos importantes tâches… et bonne chance.

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